Ou peut-être une nuit

Ou peut-être une nuit

« Ou peut-être une nuit » est la deuxième saison d’Injustices, un podcast de Louie Media. Créés et présentés par Charlotte Pudlowski, ces six épisodes s’intéressent à l’inceste, à son ampleur et au silence qui l’entoure. Je suis encore bouleversée de tout ce que j’y ai appris. Je pense que ce podcast est d’utilité publique. Tout le monde, touché directement ou non par ce fléau tabou et pourtant si répandu, devrait l’écouter attentivement. Dans l’espoir d’une prise de conscience collective qui ferait bouger les choses.

Résumé

« Ou peut-être une nuit », comme vous le savez peut-être déjà, est un extrait de la chanson « L’aigle noir » de Barbara. Des années plus tard, ce titre a été interprété comme un aveu de ce que lui a fait subir son père. Et durant 6 épisodes, ce podcast de Louie Media va justement nous parler de l’inceste. Un sujet difficile qui, malgré son ampleur, reste tu, caché, dissimulé.

Ce qui a motivé la création de cette série audio, c’est la propre expérience de Charlotte Pudlowski : sa mère a été abusée dans son enfance. Après avoir gardé le silence pendant des années, maintenu des relations avec son géniteur, elle avoue enfin à sa fille qui était réellement son grand-père. Et avec la révélation de ce secret arrive une question assourdissante : pourquoi n’avoir rien dit ? Pourquoi l’inceste semble-il toujours entouré d’un silence impénétrable ?

Chacun des 6 épisodes traite d’une facette de l’inceste : ce qui en fait un tabou, son ampleur, ses conséquences sur les victimes, les motivations des agresseurs et son impact sur notre société actuelle. Grâce à un an et demi de recherches et de récoltes de témoignages, « Ou peut-être une nuit » s’impose comme un podcast indispensable, qui oblige les auditeurs à ouvrir grand les yeux et les oreilles.

Mon avis

J’ai mis du temps à écouter « Ou peut-être une nuit ». Pourtant, j’en entendais parler de partout : sur Instagram, sur Twitter… Mais j’ai eu la réaction habituelle, décrite dans le podcast. Je pensais que ça allait être glauque, me déprimer, j’avais envie d’écouter quelque chose de plus léger. Et finalement, je me suis lancée.

La façon dont le sujet est abordé, dont le podcast est monté, m’a fait penser à une série audio fictionnelle. Et on espèrerait presque que ce ne soit pas réel. Pourtant, les témoignages viennent de personnes qui existent vraiment, les chiffres d’études fiables et les analyses de spécialistes reconnus dans leur domaine.

J’apprends que l’inceste, que je pensais être un fait divers plutôt rare perpétré par des déséquilibrés, est en réalité un problème systémique. Que son traitement médiatique et judiciaire est rempli de failles. Que les patriarches (parce que oui, les agresseurs sont majoritairement des hommes) ne le font pas à cause d’une attirance déviante pour les enfants mais par volonté de domination.

J’ai pleuré à l’écoute de certains témoignages, particulièrement celui de Julie. D’après sa voix et son langage, j’en ai déduit qu’elle devait avoir à peu près mon âge. Ça a peut-être joué. Mais c’est surtout son honnêteté qui m’a touchée je crois. Chaque victime a son propre mécanisme de défense : l’une utilise l’humour, l’autre le détachement… Mais elle, c’était juste ses sentiments à l’état brut, sans filtre.

Ce podcast m’a donné envie de faire une révolution. De foutre un casque sur les oreilles de toutes les personnes de mon entourage pour les forcer à écouter. Le tabou autour de l’inceste doit impérativement être brisé pour que le problème soit mieux pris en charge par la société. Les victimes pourront alors enfin se sentir entendues, crues, soutenues et entamer un processus de guérison.

Ne faites pas comme moi : n’hésitez pas une seconde à écouter ce podcast ! Vous pouvez retrouver « Ou peut-être une nuit » sur toutes vos applications habituelles et en apprendre plus sur le site de Louie Media.

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