Moonlight

Moonlight

Je sais, j’ai trois ans de retard, mais je profite justement du confinement pour visionner les œuvres cinématographiques que j’ai manquées. Alors, aujourd’hui, je vous parle de Moonlight.

Synopsis

Moonlight est un film divisé en trois parties. Il nous raconte l’histoire de Chiron, un jeune afro-américain qui grandit dans un quartier pauvre de Miami. D’abord, l’enfance, où on découvre un petit garçon délaissé par sa mère accro au crack et martyrisé par ses camarades. Ensuite, l’adolescence, avec la recherche de son identité et les doutes sur son orientation sexuelle. Puis l’âge adulte, où on retrouve un homme qui fait le maximum pour cacher ce qui est considéré comme des faiblesses dans son milieu social.

Mon avis

Est-ce que vous avez vraiment besoin de moi pour aller voir ce film et le considérer comme un chef d’oeuvre ? 3 Oscars en 2017 et un nombre incalculable de nominations devraient vous suffire. Mais je vais quand même argumenter !

Déjà, force est de constater que, malgré de gros progrès ces dernières années, l’homosexualité est un sujet rarement abordé au cinéma. Ou du moins, rarement bien traité. Très peu de films s’articulent autour d’un personnage principal homosexuel et quand, c’est le cas, il correspond généralement à des clichés véhiculés par notre société hétéronormée.

Le réalisateur Barry Jenkins traite, en plus de l’homosexualité, de la masculinité noire, en particulier dans les milieux défavorisés. Un autre thème peu abordé au cinéma. On voit que pour être considéré « comme un vrai mec » par ses pairs, il faut s’affirmer, souvent avec violence.

Le film offre donc une autre vision de l’homme noir, loin de ce qu’on a l’habitude de voir. On a Chiron bien sûr, mais aussi, Juan, joué par l’excellent Mahershala Ali (qui a, d’ailleurs, reçu un Oscar pour ce rôle). Il représente un père de substitution plein de sagesse et de douceur malgré le fait qu’il soit à la tête d’un trafic de drogue.

Moonlight fonctionne majoritairement sur des silences. Il y a très peu de dialogues dans le film et tout se joue sur des non-dits. C’est la raison pour laquelle les dialogues, quand il y en a, sont particulièrement poignants et émouvants. Il y a beaucoup de poésie dans l’écriture.

J’ai aimé le fait que le film soit divisé en trois parties distinctes, avec des titres qui les séparent et des acteurs différents pour chaque période. On sent bien l’influence de la pièce de théâtre ! J’ai adoré évidemment la photographie qui s’articule tout autour de cette fameuse phrase : « In moonlight, black boys look blue ». Le clair de lune qui se reflète sur la peau de Chiron est donc une lumière récurrente dans le film. Et que serait la photographie sans la bande originale, elle aussi excellente ? On y trouve des morceaux de hip-hop, de jazz, mais surtout des thèmes énigmatiques, dramatiques, mystérieux.

Bref, le film est dispo sur Netflix alors vous avez aucune excuse pour ne pas en profiter ! Croyez-moi, vous n’allez pas le regretter.

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